POETE, PEINTRE, AGENT DES MESSAGERIES MARITIMES

"Quand mon souvenir viendra dans vos paroles, Faites lui bon accueil."

Quelques Poèmes

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Qui est

Louis Brauquier ?

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Hymne à la Provence

Gabriel Audisio  

L'ami intime

L'ami intime de Louis Brauquier.

Au début du siècle, le père de Gabriel Audisio fut nommé directeur de l'Opéra de Marseille, pour être ensuite désigné directeur de celui d'Alger.

Gabriel Audisio mèna une carrière administrative et littéraire. Il occupa des fonctions officielles au gouvernement général de l'Algérie puis au Ministère des affaires algériennes.

 

Il fit figure de chef de file de "l'école d'Alger" dont l'influence reste encore considérable auprès des écrivains algériens contemporains. Rapidement il fut en relation avec Henri Bosco qui dirigeait à Rabat la revue Aguedal.

 

Jules Roy s'exprime en ces termes : 

 

" Audisio, Audisio, notre père à tous .... même si nous te dénions ce titre de père, nous sommes tous tes fils, légitimes ou non, même Kateb Yacine, même Amrouche, même Bourboune, ne parlons pas de Camus notre immortel, les plus jeunes et les plus vieux, poètes ou non poètes, natifs de la Mitidja, de l'Oranie ou du Constantinois, tous tes fils plus ou moins adultérins. Au point que parfois on s'y perd.

Ton royaume à toi n'est pas le sang,

ni toutes nos sales histoires de famille,

mais la brûlure du soleil

et la cuirasse éblouissante de la mer,

salut, pater noster Audisio !"

 

Les dernières années, Audisio et son épouse vinrent partager de nombreuses soirées dans la Maison familiale de Louis Brauquier à Saint Mitre les Remparts. 

 

Gabriel Audisio obtint le Grand Prix de l'Académie Française de Poésie en 1975. 

 

En septembre 1976, Gabriel Audisio fut hospitalisé à Paris pour un problème de hanches. Au nom de cette amitié de plus de soixante ans, Louis Brauquier prit le train pour le rejoindre et le réconforter. Quand Louis arriva dans son hôtel parisien, il fut atteint d'une congestion cérébrale et décéda quelques jours plus tard sans avoir eu le temps de revoir son ami.

Durant ces soixante années, Brauquier et Audisio entretinrent une grande correspondance. Plus de mille lettres hebdomadaires furent partagées par ces deux poètes.

Après la mort de Brauquier, Audisio se chargea de publier le dernier recueil de Louis "Hivernage" à titre posthume, celui-ci même laissé par sur un coin du bureau à Saint-Mitre avant de partir à Paris.

Debout - Gabriel Audisio et Louis Brauquier - Assis - Henri Bosco

Joseph D'Arbaud  

Le maître

    6 octobre 1874 - 2 mars 1950

Joseph d'Arbaud (Jóusè d'Arbaud)- né à Meyrargues le 4 octobre 1874 et décédé à Aix en Provence le 2 mars 1850. Poète provençal d'expression occitane, D'arbaud est un félibre, aristocrate, proche de Folco de Baroncelli-Javon.

 

Brauquier, jeune poète de langue provençale, fait rapidement la connaissance de D'arbaud.

Joseph D'arbaud offre à Brauquier en 1918 son dernier ouvrage et le lui dédicace.

 

Né à Meyrargues d'un père lieutenant de gendarmerie et d'une mère appartenant à la noblesse provençale, le jeune Joseph fait ses études dans un institut jésuite à Avignon. Il rencontre Frédéric Mistral ainsi que son cousin Folco de Baroncelli. D'Arbaud entame ensuite des études de droit qu'il délaisse assez rapidement afin de rejoindre la Camargue et Baroncelli pour créer une manade de taureaux.

 

En 1906, il obtient la récompense littéraire des Jeux floraux du Félibrige. Atteint de tuberculose il est contraint de quitter la Camargue pour aller se soigner dans l'Ain.

De retour en Provence, il se lie avec Emile Sicard et devient rédacteur en chef de la revue - Le Feu-. Nommé Majoral du Félibrige, D'Arbaud milite pour la liberté de ce qu'il nomme - le peuple du Midi

 

D'Arbaud continue de publier plusieurs ouvrages ( La bête du Vaccares - Les chants palustres) ainsi que plusieurs oeuvres qui ne seront éditées qu'à titre posthume.

JEAN BALLARD  

LE FONDATEUR DES CAHIERS DU SUD

Jean Ballard fut un ami intime de Louis Brauquier et de Gabriel Audisio. Il fonda à Marseille la revue littéraire des cahiers du Sud qui devint rapidement la revue littéraire la plus parcourue de la cité phocéenne.

A partir de 1971, le couple Ballard fut hebdomadairement invité par Louis Brauquier et sa soeur Eugénie à terminer la semaine dans la demeure familiale de La Poussardière à Saint-Mitre les Remparts.

 

Jean Ballard est né le 14 novembre 1893 et exerça le métier de peseur-juré dans la cité phocéenne. A l'origine de la revue Fortunio aux côtés de Brauquier et de Pagnol, il transforma cet ouvrage qui prit le nom des cahiers du Sud. De 1919 à 1966, Jean Ballard assuma la responsabilité de directeur de cette revue. Pour financer cette revue, Ballard ne cessa de se démener auprès des compagnies de navigation, des industries. On ne compte plus les centaines d'auteurs dont les écrits furent publiés sur ces cahiers ( Paul Valéry, Céline, Saint-John Perse, Brauquier, Audisio, Yourcenar, Senghor ...). Pendant la seconde guerre mondiale, Ballard n'hésita pas à publier les écrivains indésirables de Vichy. (Simone Weil, Perse, Breton).

 

Brauquier participa à la diffusion maritime de ces cahiers sur tous les océans du globe grâce à son métier d'Agent des Messageries Maritimes.

13 novembre 1893 - 18 juin 1973

SAINT-JOHN PERSE  

 Le plus grand poète

En 1960, Brauquier et Saint-John Perse étaient liés par une grande amitié et une admiration réciproque.

Saint John Perse est né sous le patronyme d’Alexis Leger, le 31 mai 1887 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Il utilise très vite de nombreux pseudonymes littéraires dont celui de Saint-John Perse en 1924 au moment de la parution de « Anabase ». Son père, Edouard Pierre Amédée Leger est avocat à Pointe-à-Pitre et sa mère, Marie Pauline Françoise Renée Dormoy est issue d’une famille de planteurs. A onze ans, Alexis Leger quitte la Guadeloupe pour rejoindre Pau, en métropole, où il effectue ses études secondaires dans un Lycée de la ville, puis Bordeaux en 1904 pour entamer des études de droit. Cette année là, Perse écrit ses premiers ouvrages « Images à Crusoé ». Trois années plus tard en 1907, il publie « Pour fêter une enfance » puis « Eloges » en 1911.

En 1914, Alexis Leger entre au Ministère des Affaires Etrangères. Il obtient rapidement la charge de secrétaire de la légation française de Pékin jusqu’en 1921. En 1924 Saint John Perse publie le célèbre « Anabase ».

 

En 1925 Perse est nommé directeur de cabinet d’Aristide Briand. En 1933, il est nommé secrétaire général du Ministère avec le rang d’Ambassadeur de France. En 1940, Léger démissionne de toute fonction diplomatique et est déchu de la nationalité française par le gouvernement de Vichy. Perse entame une longue période d’exil aux Etats Unis via Londres et le Canada.

 

Durant cet exil, Perse publie de nombreux ouvrages ; « Exil » en 1942, « Poème à l’étrangère » en 1943, « Pluies » et « Neiges » en 1944, « Vents » en 1946, « Amers » en 1957.

 

« Chronique » lui permet d’obtenir en 1960 le prix Nobel de littérature à Stockholm. Il publie ensuite « Poésie » en 1961, « Oiseaux » en 1962, « Pour Dante » en 1965, « Chant pour un équinoxe » en 1971, « Nocturne » en 1973 et « Sècheresse » en 1974. Conformément à ses propres souhaits, Saint-John Perse fait publier ses « Œuvres complètes » chez Gallimard en 1972.

 

Le 20 septembre 1975, Saint-John Perse décède dans sa propriété des « Vigneaux » à Giens où il s’est retiré depuis déjà plusieurs années.

 

 

 

Extrait d'une émission de Louis Brauquier sur Marseille-Provence, consacrée à Saint-John Perse (en 1962) :

(à retrouver en version intégrale dans "Envoi" de Louis Brauquier à Saint-John Perse)

 

" Au moment de parler de Saint-John Perse, une pudeur me vient. J'ai peur de ne pas être à la hauteur de cette grande poésie. J'ai beau l'aimer, l'admirer, elle est tellement hors de mesure, au delà de toute appréhension que je ne pourrai que l'approcher et lui rendre hommage et, peut-être, inciter quelques-uns à faire comme moi en toute humilité....

 

..... Saint-John Perse, prix nobel de littérature en 1960 quitte Washington, où depuis l'exil de 1940, il a sa résidence habituelle et s'installe dans sa propriété des Vigneaux à la pointe de la presqu'ïle de Giens, dans le Var.

Au dessus des pins, trois pavillons montent au mât blanc : un tricolore, un deuxième portant un caractère chinois dont l'idéogramme traduit le patronyme du poète et le "blue Peter", la lettre "P" du code international des signaux, initiale de "Perse", lequel est aussi le pavillon de partance que l'on hisse sur les navires vingt-quatre heures avant l'appareillage.

Et je pense à ce verset de Claudel :"Préservez-moi de la relâche trop longue; et de l'illusion n'importe où de croire que l'on est arrivé".....

 

...... Il m'apparaît que ceci parle clair : cette migration annuelle, cette presqu'ïle alors qu'il est né dans un filet de la Guadeloupe, le mât de pavillon qui implique le goût du cérémonial, l'idéogramme de cette Asie où il a profondément vécu, ce pavillon du départ incessant, et le tricolore qui annonce "ici vient vivre le détenteur et le libérateur des plus belles paroles du langage français".

Tous trois claquent au vent de la mer ou s'encalminent, pour le poète "d'Anabase", de "Vents", "d'exil" et "d'Amers", comme si ses titres ou leurs symboles étaient là à l'attendre, rangés en ordre autour de lui."

Joseph Étienne

Frédéric Mistral

 La coupo

Frédéric Mistral : grand poète de langue provençale né le 8 septembre 1830 au Mas du Juge à Maillane dans les Bouches du Rhône, fondateur du Félibrige, membre de l'Académie Française. Louis Brauquier ne rencontrera jamais Mistral du fait de leur différence d'âge mais sera très fortement inspiré par l'oeuvre Mistralienne lors de son adolescence.

 

Frédéric Mistral :

nom en provençal

Frederi Mistral

(ou Mistrau).

 

En 1851, Frédéric Mistral obtient une licence de droit et crée trois années plus tard au château de Font-Ségune dans le Vaucluse - le Félibrige -

Frédéric Mistral public - Mireille - puis - Calendau- en 1867.

Frédéric Mistral est plebiscité par Lamartine.

 

"Frédéric Mistral dédie son livre à Lamartine en ces termes :

Je te consacre Mireille : c'est mon cœur et mon âme ;

C'est la fleur de mes années ;

C'est un raisin de Crau qu'avec toutes ses feuilles

T'offre un paysan »

 

Lamartine de s'enthousiasmer : « Je vais vous raconter, aujourd'hui, une bonne nouvelle ! Un grand poète épique est né. (…) Un vrai poète homérique, en ce temps-ci ; (...) Oui, ton poème épique est un chef d'œuvre ; (…) le parfum de ton livre ne s'évaporera pas en mille ans. »

 

 

Frédéric Mistral entame ensuite la longue écriture de - Lou Trésor dou Félibrige - un majestueux et unique dictionnaire franco-provençal.

 

En 1878, il préside les -Jeux Floraux - et fait rayonner le Félibrige dans l'ensemble du pays d'Oc et dans tout le Midi de la France.

 

 

Il se fait alors le chantre de l'indépendance de la Provence et surtout de sa langue « première langue littéraire de l'Europe civilisée ».

 

En 1896, Frédéric Mistral crée le Musée Arlatan qui deviendra rapidement l'un des premiers grands musées de langue régionale, poierre angulaire du Félibrige.

 

Frédéric Mistral reçoit en 1904 le prix nobel de littérature.

 

Marié à une Bourguignonne, Marie-Louise Rivière, il n'aura pas d'enfant et meurt le 25 mars à Maillane en 1914. Dans toutes les communes du Midi, il s'agit d'un deuil national et lors de ses funérailles, une foule immense envahit le petit village de Maillane.

 

Par son œuvre, Mistral réhabilite la langue d'oc en la portant aux plus hauts sommets de la poésie épique : la qualité de cette œuvre sera consacrée par les plus hauts prix. Il proclame dans les quatre premiers vers de Mirèio, se définir comme étant « un humble élève du grand Homère »:

 

« Cante uno chato de Prouvenço,

Dins lis amour de sa jouvenço,

A través de la Crau, vers la mar, dins li blad,

Umble escoulan dou grand Oumèro, iéu la vole segui. »

 

« Je chante une jeune fille de Provence,

Dans les amours de sa jeunesse,

À travers la Crau, vers la mer, dans les blés,

Humble élève du grand Homère. »

 

Louis Brauquier possèda tous les livres de Mistral ainsi que plusieurs photos du célèbre félibre. En hommage à Mistral, il fonda avec quelques amis dans le début des années 20, une revue littéraire dénommée "La coupo" en hommage à la Coupo Santo de Frédéric Mistral.

Henriette DIBON

 Farfantello l'amie

MARIE MAURON

l'amie

Marie Mauron est née le 15 avril 1896 Marie-Antoinette Roumanille à Saint-Rémy de Provence d'un père paysan et est décédée le 31 octobre 1986 dans cette même ville dans son Mas d'Angirany. Du côté paternel Roumanille, Marie Mauron est une cousine éloignée de Frédéric Mistral.

 

Elle devient une poète et écrivain française après avoir exercé le métier d'institutrice. Son premier livre paraît en Angleterre en 1934 grâce à l'un de ses amis - Roger Fry - qui fait traduire ses textes - Mont Paon qui devient Mount-Peacock.

De nombreux ouvrages seront ensuite publiés en français - Le quartier Mortisson - En parcourant la Provence - La reine Jeanne.

 

Elle fut mariée de 1919 à 1949 avec Charles Mauron, traducteur d'auteurs anglais et critique littéraire, devenu aveugle.

 

En 1969 Marie Mauron est élue Majorale du Félibrige et s'engage dans une lutte environnementaliste pour la sauvegarde des paysages provençaux menacés de destruction à cause de l'industrialisation à venir. La Provence qu'on assassine -

ALPHONSE DAUDET

un maître

MARIE GASQUET

l'amie d'Eugénie

Née en 1872 à Saint Rémy de Provence, décédée en 1960 dans cette même ville. Marie est un écrivain réputée pour sa culture et sa beauté, filleule de Frédéric Mistral. En 1892, elle fut désignée reine Félibrige. Romancière, directrice de chez Flammarion de collection, elle a écrit une dizaine de livres dont le plus connu est Une enfance provençale publié en 1926. Fille du poète Marius Girard, elle épouse l'ami de Cézanne, le poète Joachim Gasquet.

Elle devient très proche des Brauquier, au point d'offrir à Louis et à sa soeur Eugénie de nombreux livres dédicacés et plusieurs photos d'origine de son parrain.

 

Eugénie Brauquier, la soeur du poète est monitrice au "Centre d'enseignement ménager" à Marseille. Sous l'occupation allemande, avec d'autres regroupements, elle s'occupe d'adolescents dans une association leur permettant de poursuivre des études. Cette association porte le nom d'"aide à la jeunesse provençale".

Les centres au lieu d'avoir un nom ont été numérotés. Le personnel d'encadrement est mécontent et se met à la recherche d'une marraine pour trouver son identité.

La demande est faite à Marie Gasquet dont la réponse est la suivante :"Je ne donne mon nom que si l'on accepte mon coeur."

De là est née une grande amitié entre Eugénie Brauquier et Marie Gasquet. Après la guerre, Marie Gasquet se met à écrire et Eugénie Brauquier et sa mère furent dès le départ ses ferventes lectrices.

La situation financière de Marie Gasquet s'étant dégradée, celle-ci recevait chez elle des hôtes payants. Marie Gasquet demanda à Eugénie et à sa mère de venir l'aider à tenir la maison pendant un temps. Eugénie a assisté à une veillée de Noël chez Marie Gasquet où celle-ci menait en tant qu'ancêtre la veillée.

Au lycée professionnel "Marie Gasquet" dans le quartier Saint Barnabé à Marseille, on trouve une plaque gravée au nom de Louis et Eugénie Brauquier dans la salle de documentation.

Louis Brauquier Poète et peintre marseillais et grand voyageur Louis Brauquier Poète et peintre marseillais et grand voyageur Louis Brauquier Poète et peintre marseillais et grand voyageur Louis Brauquier Poète et peintre marseillais et grand voyageur