POETE, PEINTRE, AGENT DES MESSAGERIES MARITIMES

"Quand mon souvenir viendra dans vos paroles, Faites lui bon accueil."

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Louis Brauquier ?

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Hymne à la Provence

LES HOMMAGES INEDITS D'ARTISTES 

à l'oeuvre de Louis Brauquier et à l'homme

Gabriel Audisio 

 

Nous nous connaissions depuis près de soixante ans. Notre amitié remonte à notre adolescence. Et pourtant le sort a voulu que nous ne vivions presque jamais près l'un de l'autre : il était le plus souvent aux antipodes., en Chine, en Australie, en Polynésie, pendant toute sa carrière maritime.

 

Notre amitié, nous l'avons vécue en nous écrivant.

 

Il y a peu, il m'avait dédicacé son dernier recueil de poèmes " Feux d'épaves", à cause d'une amitié exemplaire.

 

Oui, et c'est au nom de cette amitié exemplairement fraternelle, poussé par un chagrin inconsolable, que je prends pourtant la plume pour faire connaître comment cette fidélité fut poussée jusqu'au symbole suprême.

 

Louis Brauquier est mort à Paris, au moment même où il arrivait de Marseille, pour m'apporter le réconfort de sa présence : il est mort pour ainsi dire au pied de mon lit d'hôpital, où je l'espérais, où je ne le vis point paraître, où l'on me cachait, par charité, que je ne le verrais plus.

 

Il importe que la ville de Marseille, SA ville, rende cet hommage à SON poète, le plus grand qu'elle ait jamais enfanté, et que son nom soit publiquement inscrit au front de la cité.

 

Gabriel D'Aubarède, 

 

Le poète Louis Brauquier laisse une oeuvre de la plus haute qualité. Le réalisme se marie au lyrisme dans cette oeuvre poétique si profondément personnelle.

 

Charles Rostaing,  

 

Louis Brauquier, mon ami de toujours.

 

Depuis sa tendre enfance il s'était attaché à notre village auquel l'unissait tant de liens familiaux, "lève au Lycée Thiers de Marseille, où il était de quelques années mon ancien, il venait passer ses vacances dans la belle maison de sa famille dont le parc avait un charme prenant.

 

C'est à Saint-Mitre qu'il revenait chaque fois qu'il disposait d'un peu de loisir : il s'y retrempait volontiers dans l'atmosphère paisible et harmonieuse de notre village. Il a d'ailleurs serti les noms familiers de nos quartiers dans des poèmes simples, mais émouvants.

 

Cet amour de la Provence, c'est à Saint-Mitre qu'il l'a puisé, et s'il a choisi de reposer chez nous, c'est parce qu'il s'y sentait bien chez lui.

 

Il avait aussi appris à Saint-Mitre notre belle langue provençale et nous évoquions volontiers au cours de nos rencontres, hélas trop brèves, à la fois nos souvenirs de jeunesse et les noms prestigieux des poètes de la Renaissance Provençale, de Mistral à Joseph d'Arbaud.

 

Jean Sauvot, 

 

" Je songe à ce songe que j'ai cru entendre

Que toute ma vie j'aurai attendu

Aujourd'hui, demain, le reconnaîtrai-je ?" Louis Brauquier

 

Cher poète, cher créateur, cher Louis Brauquier, aujourd'hui je pense que oui ! Car vous avez cherché, vous avez frappé et il serait injuste qu'à celui qui frappe il ne soit pas ouvert, car celui qui l'a dit ne nous a conviés qu'à une seule quête, une seule recherche : celui du Royaume et de sa justice.

 

Sans être un érudit, quand on voyait Brauquier on pensait à Claudel, Claudel de "la connaissance de l'Est", l'ambassadeur du bout du monde. 

 

Philippe Chabaneix, 

 

Dès ses deux premiers recueuils, l'Audelà de Suez et le Bar d'escale, louis Brauquier fut justement considéré comme un lyrique aux dons exceptionnels; mais c'est avec Eaux douces pour navires et Liberté des mers, suivi d'extraits à Shanghaï qu'il s'affirma comme un grand poète du voyage en des vers bien rythmés dont l'accent pur et secret peut être comparé à celui des admirables Odes de Jules Romains. 

 

André Chamson, 

 

Ce fut une des chances de mon âge mûr que d'avoir rencontré louis brauquier. A l'âge où l'on ne peut plus guère se faire de nouveaux amis, il est devenu le mien. C'est l'acropole de Ventabren et le Grand Prix littéraire de Provence qui nous rapprochaient chaque année. Discret comme un provençal de bonne race, avec un humour plus discret encore, mais chaleureux et même tendre, aimant ce qu'il aimait avec une passion tenace, il a été pour moi celui qui m'a livré Marseille dont il avait toujours emporté le vivant souvenir à travers tous les lieux du monde.

 

Georges Bonnel, 

 

Je dirai simplement que sa simplicité, son calme, son affabilité et un rare sens de la mesure, faisaient de lui un homme merveilleux. Il avait aussi un bon sourire, parfois voilé d'une tristesse. 

 

Arno-Charles Brun, 

 

Ce miracle d'égoïsme maternel, Marseille l'a réalisé avec Louis Brauquier. Mais, ayant mesuré la puissance qu'elle lui avait insufflée, elle n'a pas, comme tant de mères abusives, chantonné, pour le retenir dans ses jupons, les berceuses rassurantes du flok-lore.

 

Le pacte d'amour qui a lié Louis Brauquier à Marseille n'a jamais été transgressé et ce n'était certes pas à la légère qu'il avait proclamé :

 

" Ville je te choisis entre toutes les villes

Qui m'a donné le monde et qui m'en a sauvé." 

 

Victor Bernard, 

 

Tout le contraire d'un écrivain replié sur lui-même. Voyageur, non pas par dillétantisme comme tant d'autres, mais par besoin foncier de sa nature, toujours en quête d'êtres et de paysages nouveaux.

 

Il a usé de toutes les formes du vers, sans jamais se départir du premier grand principe classique, qui est la fermeté. C'est peut-être sous l'influence de Jules Romains qu'il a de plus en plus abandonné la rime, en s'efforçant d'y suppléer par des cadences plus exigeantes, qui font de cet abandon non pas une négligence, mais une difficulté de plus. 

 

Maurice Genevoix, 

 

La voix du poète Louis Brauquier n'est pas de celles qui se forcent. C'est une de nos vocations que d'honorer les écrivains qui, sans tapage, sont allés à l'essentiel. Nous avons aujourd'hui le sentiment d'y avoir réussi. 

 

Marcel Brion, 

 

Sa poésie a cette puissance de réalité vécue, de lyrisme concret, je veux dire suscité par les choses vraies, ces choses dont l'existence quotidienne est faite et que l'on magnifie par l'amour qu'on leur porte. 

 

Marcel Brossard du Bourg, 

 

Brauquier m'apparut comme un marin, un homme destiné aux vastes horizons, aux rivages exotiques, et en même temps habité par un amour tenace voué à l'environnement familial, au mas et au port de sa jeunesse. Cet amour était profondément enraciné à Saint-Mitre-les-remparts, dans les collines rudes et blanches piquées de sombres cyprès, semées de parasols verts des pins maritimes; et par delà les étangs bleus, violets, argentés, parfois plombés - mais alors quel contraste pour le peintre ! - son amour s'épanouissait à Marseille, Sa ville.

 

Son style et sa conviction d'apparence naïfs sont bourrés de force.

 

Cela éclate sur le carton ou sur la toile.

 

La preuve en est que ses oeuvres font rêver.

 

Pour lui, il n'y avait pas de frontière, même pas de transition dans l'art. Le chevalet et la table à écrire devaient s'allier dans un seul meuble.

 

Léon-Gabriel Gros, 

 

Une poésie spécifiquement locale mais non "d'intérêt local" comme celle de Brauquier nous incite à une "prise de conscience" du destin de notre cité, nous encourage à en assumer les exigences. 

 

Pierre Rouquette, 

 

Le concept élevé, mais enraciné dans la terre et dans l'Histoire, qu'il avait de la civilisation en elle-même, sous les aspects de la civilisation latine et méditérranéenne, mérite aujourd'hui l'attention de ceux qui déplorent les imprécisions, les confusions et les destructions intellectuelles et morales, autant que les désordres politiques et sociaux de notre époque. 

 

Alfred Chabaud, 

 

Classe 1920, front élevé, nez droit, bouche moyenne, taille 1m71.

 

Parti dans le 5ème génie, où il est devenu caporal et a fait sur son adjudant des ballades légendaires à Trèves et à Duisbourg. Il a quitté le matricule 1279 depuis deux mois et se contente pour l'instant de satisfaire aux exigences d'un troisième et dernier examen de Droit qu'il va subir en juillet prochain. C'est un adepte du chapeau mou, à petits bords seulement; il porte des chemises américaines aux couleurs inédites ce qui ne l'empêche pas chaque jour de porter des gants ... à la salle de boxe et de s'escrimer à l'épée contre un gaillard de maître d'armes, tenant coupe gorge à Marseille, rue Grignan.

 

C'est au lycée de Marseille, en classe de seconde que j'ai connu louis Brauquier. Il se signalait par une lavallière bleue à pois blancs, des cheveux longs et une propension à se faire mettre à la porte des cours de français, par un professeur rhumatisant qui tenait à conserver le monopole de l'esprit.

 

Dès ce moment - 1916 - il faisait des poèmes très classiques qu'il me lisait au Café de Paris, où sur la moleskine déserte demeurait le souvenir de Paul Arène, café crème (moitié-moitié), paysages siciliens, lyrisme intense de mythologies, ingénieuses fables de l'école. Cependant Marseille où le négoce domine les esprits, détermine une morale et crée une beauté vivante, restait indifférente : le cours de la Bourse ne changeait pas et les actions Fournier se refusaient à connaître la hausse quand nous avions écrit quelque Soir Antique ou Souvenirs des Dieux !

 

Le résultat de cet enthousiasme fut que Louis Brauquier obtint au Baccalauréat un trois sur quarante, en composition française, sur le sujet suivant : "Distinguer la prose de la poésie; quelles sont les qualités d'un vrai poète ?"; il fut reçu car il était fort en anglais. je compris à ce moment qu'il y avait antagonisme irréductible entre son talent et la tradition universitaire ! Le correcteur criminel habite Nice et comme la vengeance est un plaisir pour les mortels nous l'avons abonné à l'Argus de la Presse. 

 

En 1918, Louis Brauquier étudiait la philosophie sous la direction du regretté Sacoman, homme discret qui interrompait souvent l'explication des morales pour lire à ses élèves le Jardin d'Epicure. Son habileté dans le rythme et l'expression des vers se développait dans des poèmes que je voudrais lui voir publier : les Adolescentes. C'est une harmonie bucolique avec parfois une étreinte brutale des tierces rimes qui enserrent la pensée. 

 

Cette sensibilité vive et spirituelle, ce sens méditérranéen de la beauté se retrouvent dans la correspondance de Brauquier à cette époque, mais avant d'expliquer, moi qui habitais à cinq minutes de chez lui, j'ai reçu pendant ces dernières années de nombreuses épistoles, je dois dire comment nous formâmes le groupe de la Coupo.

 

Nous étions cinq ou six au Lycée de Marseille à nous intéresser au mouvement régionaliste et quand avec Brauquier j'ai eu l'intention de faire paraître une revue, ce n'était pas pour avoir le plaisir vulgaire d'être imprimé, mais seulement pour défendre une idée. Nous apportâmes un titre et un programme à Pierre Rouquette, catalaniste éminent, à Henry Rolland, disciple ignoré de Francis Jammes et dont la fantaisie devient une légende, à Jean Rémy Palanque alors normalien de la rue d'Ulm, à Marion-Villot qui jouait de l'orgue à Saint-Giniez. Ce manifeste que Jacomet de Ville-Dieu (Vaucluse), imprima en corps 7 avait été écrit par Louis Brauquier et moi au Café de Paris.

 

Pendant deux ans, jusqu'en octobre 1919, La Coupo parut, rédigée en provençal et en français, réalisation de la doctrine mistralienne, mais si quelques mécènes marseillais nous subventionnèrent, malgré que Louis Brauquier ait fait abonner la multitude de ses cousins, l'hiver de 1919 lui fut fatal.

Louis Brauquier Poète et peintre marseillais et grand voyageur Louis Brauquier Poète et peintre marseillais et grand voyageur Louis Brauquier Poète et peintre marseillais et grand voyageur Louis Brauquier Poète et peintre marseillais et grand voyageur